La Fédération Française du Bâtiment de Côte-d'Or est une organisation professionnelle qui a pour but de représenter et défendre les entreprises de bâtiment
auprès des pouvoirs publics, des décideurs économiques et des autres acteurs de la construction.

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Edito

Un désastre annoncé

Le 09 juin 2020

 

Avant la fin de cette année, en 3 vagues : juin, septembre, décembre, notre territoire risque de perdre plus de 20 % de ses entreprises locales de bâtiment. Dans cette monstrueuse chute seront entraînés des emplois porteurs de savoir-faire irremplaçables et une multitude de prestataires qui vivent aujourd’hui des commandes que leur passent ces petites et moyennes entreprises, empruntes depuis longtemps déjà de la culture de la consommation locale.

La Ministre du travail, au tout début de la crise, nous jugeait « défaitistes » … c’est fréquent chez les sursitaires ! L’avenir proche prouvera à quel point elle était à côté de la plaque… c’est fréquent chez les ministres.

 

Ce sombre avenir pour nos entreprises de maçonnerie, d’électricité, de menuiserie, de plomberie, de peinture, de terrassement, de charpente, de chauffage, de serrurerie résulte d’une crise qui commença en 2008. Nous commencions à peine à nous en remettre, parce que nos marges sont restées coincées entre le coût du travail, la pression sur les prix et l’augmentation de nos coûts de matières. On était déjà en mode survie. Les paysans de l’industrie.

 

Donc on va mourir. Pas de la Covid-19 mais de la gestion désastreuse de la sortie de crise : La manière de travailler sur les chantiers que nous dicte les circonstances sanitaires nous fait perdre de 15 à 20 % de rentabilité (c’est déjà plus que nos inexistantes marges !!) et le rapport de force avec nos clients publics et privés nous condamne à supporter les surcoûts qui devraient être mieux partagés avec le Maître d’Ouvrage (qui est l’investisseur porteur du risque).

Lors d’une réunion avec la préfecture où nous posâmes la question de la prise en compte de ces surcoûts, certains maîtres d’ouvrage publics nous envoyèrent vertement chez Plumeau ; à la place de payer des travaux à leur juste survaleur liée à la Covid-19, ils paieront un peu plus de RSA et autres aides sociales. C’est un choix.

 

Et comme ça ne faisait pas le compte, le gouvernement a décidé dans son ordonnance du 13 Mai que les pénalités de retard, qui n’existent à peu près que dans nos contrats (pas du tout avec les fournisseurs de masques chinois), pouvaient joyeusement reprendre leur ponçage de nos marges, comme si l’on travaillait nominalement avec nos salariés qui gardent leurs enfants …

 

L’activité du bâtiment pèse 11% de l’économie locale, avec beaucoup de salariés qui sont autant d’électeurs qui se souviendront de la ministre qui les insulte, des collectivités locales qui les méprisent bien que vivant de leurs impôts.

L’activité du bâtiment, ce sont très majoritairement des petits patrons passionnés par leur métier, qui donnent vie économique à 93 % des communes de France et réussissent depuis 10 ans à survivre avec 1,5% de résultat net.

L’activité du bâtiment, c’est un désastre annoncé si l’on continue de vouloir faire peser sur elle de façon inique les surcoûts Covid-19 habilement glissés dans le compte prorata.

 

La FFB21 refuse cette fatalité et appelle la FPI, L’USH, les collectivités territoriales et tous les Maîtres d’Ouvrages à mesurer les conséquences pour eux-mêmes des défaillances en cascade des entreprises qui agissent sur leurs chantiers. Tous doivent assumer leur juste part de surcoûts.

 

 

La Fédération Française du Bâtiment  21

Par la plume de son Bureau

 

 


Le 09 juin 2020